Le marché pétrolier mondial est soumis à de fortes pressions en raison des perturbations de l'approvisionnement et de la flambée des prix provoquée par la guerre en Iran. Les analystes préviennent que la demande mondiale de pétrole pourrait subir son plus fort recul depuis la pandémie de Covid-19, ce qui représente un nouveau risque pour l'économie mondiale.
Bloomberg fait état de cette détérioration des prévisions. Le média note que deux prévisions importantes publiées cette semaine indiquent un net refroidissement du marché pétrolier et un ralentissement potentiel de l'activité économique mondiale.
En particulier, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a revu à la baisse ses prévisions concernant la demande mondiale de pétrole en 2026. L'agence américaine prévoit désormais une augmentation de seulement 200 000 barils par jour, alors qu'avant le début du conflit entre l'Iran et ses opposants, la demande devait augmenter de 1,2 million de barils par jour.
Une évaluation encore plus pessimiste a été publiée par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Selon cette dernière, la consommation mondiale de pétrole pourrait diminuer de 420 000 barils par jour en 2026. À titre de comparaison, avant l'escalade du conflit avec l'Iran, la croissance de la demande était estimée à 1,3 million de barils par jour.
Comme le souligne Bloomberg, les années de baisse de la demande de pétrole sont extrêmement rares et généralement associées à des chocs économiques majeurs. La dernière baisse de ce type a été observée pendant la pandémie de Covid-19. Auparavant, des tendances similaires s'étaient manifestées lors de la crise financière mondiale du début des années 2000.
La situation est encore compliquée par les tensions dans le détroit d'Ormuz. Malgré une trêve fragile, la navigation sur cette voie stratégique demeure fortement limitée. De ce fait, une part importante de la production pétrolière des pays du Golfe persique est de facto exclue des marchés internationaux.
Face à cette pénurie d'approvisionnement, les prix du pétrole américain ont bondi de plus de 60 % ces trois derniers mois, pour atteindre environ 104 dollars le baril. Les analystes n'excluent pas de nouvelles hausses de prix si la situation du transport pétrolier ne se stabilise pas prochainement.
Les premiers signes de baisse de la demande se font sentir dans les pays asiatiques. Certains gouvernements ont déjà décrété l'état d'urgence ou incité leurs citoyens à télétravailler afin de réduire la consommation de carburant et de préserver les réserves énergétiques.
Les conséquences de la crise se font de plus en plus sentir dans d'autres régions du monde. Aux États-Unis et en Europe, les compagnies aériennes ont été contraintes d'annuler des milliers de vols en raison du prix élevé du carburant et de l'instabilité des marchés.
La situation aux États-Unis, à la veille de la saison estivale de l'automobile (qui s'étend traditionnellement du Memorial Day à la Fête du Travail), est particulièrement préoccupante. Le prix moyen de l'essence dans le pays approche déjà les records de 2022, enregistrés après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Selon Bloomberg, les consommateurs américains ont déjà commencé à économiser sur le carburant et à réduire leurs dépenses à la station-service. Certains citoyens pourraient renoncer aux longs trajets en voiture cet été en raison du prix élevé de l'essence.
Les experts préviennent que, dans un contexte d'épuisement des réserves et de tensions accrues sur le marché des carburants, le prix du pétrole pourrait potentiellement atteindre 150 dollars le baril. Si le problème du détroit d'Ormuz n'est pas résolu rapidement, la pression sur les consommateurs et l'économie mondiale ne fera que s'accroître.
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