L'économie européenne est capable de survivre à un mois de guerre au Moyen-Orient sans pertes significatives. Cependant, si le conflit s'éternise, les pays de la région commenceront à en ressentir les effets négatifs, principalement en raison de l'accélération de l'inflation et du recul du produit intérieur brut réel.
C'est ce que rapporte Bloomberg, citant les analyses de ses spécialistes. Le principal facteur de risque pour l'Europe demeure sa forte dépendance aux importations de pétrole et de gaz naturel, ce qui la rend particulièrement vulnérable à toute perturbation ou flambée des prix de l'énergie en cas de guerre en Iran.
Les analystes économiques de Bloomberg, Antonio Barroso et Simone Delle Chiai, soulignent : si le conflit est de courte durée et que la hausse des prix de l'énergie est temporaire, les pertes économiques resteront limitées. En revanche, une guerre prolongée, accompagnée d'une hausse durable des prix du pétrole et du gaz, pourrait contraindre les gouvernements à augmenter leurs dépenses pour compenser l'augmentation des coûts pour les ménages et les entreprises.
Selon les calculs de l'agence, chaque hausse de 10 dollars du prix du pétrole entraînerait une baisse du PIB réel d'environ 0,2 % et une accélération simultanée de l'inflation de 0,3 %. Le facteur énergétique se répercute donc directement sur les indicateurs macroéconomiques de la région.
À titre d'exemple, un scénario est présenté dans lequel le prix du pétrole brut Brent, référence du marché, atteint 100 dollars le baril. Dans ce cas, l'économie de l'Union européenne pourrait perdre environ 0,6 % de son PIB réel, tandis que l'inflation augmenterait de près de 1 %.
Face à une telle situation, la Banque centrale européenne pourrait potentiellement relever son taux directeur, actuellement fixé à 2,15 %. Cependant, les gouverneurs des banques centrales grecque et française ont indiqué à Bloomberg qu'il était encore prématuré d'évoquer une telle décision, la situation nécessitant un suivi plus approfondi.
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