Les mesures prises par le président américain Donald Trump dans le secteur pétrolier vénézuélien ont suscité de vives inquiétudes chez les importateurs d'énergie chinois. Cette inquiétude tient non seulement à la dépendance de la Chine au pétrole vénézuélien, mais aussi au signal envoyé par Washington au marché, en démontrant sa capacité à interférer avec les approvisionnements de fournisseurs bien plus importants, comme l'Iran.
C'est ce que rapporte le Financial Times. Le journal souligne que la situation au Venezuela illustre parfaitement comment les États-Unis peuvent influencer les flux pétroliers mondiaux, en particulier ceux liés aux pays sous sanctions occidentales.
La Chine figure parmi les plus grands importateurs de pétrole brut au monde. Selon les analystes, environ 20 % de ses achats de pétrole proviennent de fournisseurs visés par les sanctions américaines et occidentales. C'est cette part des importations qui est aujourd'hui potentiellement menacée.
Les experts préviennent que si les États-Unis prennent des mesures similaires contre l'Iran après celles prises contre le Venezuela, cela pourrait réduire considérablement l'approvisionnement de la Chine en pétrole bon marché « sous sanctions ». Un tel scénario pourrait nuire à l'économie chinoise et, simultanément, donner à Washington un moyen supplémentaire de faire pression sur Pékin.
Selon Muyu Xu, analyste senior du marché pétrolier chez Kpler, les raffineurs chinois anticipent généralement une escalade des tensions au Moyen-Orient. Elle souligne que si les approvisionnements en provenance de la région sont limités, les entreprises devront se tourner vers des sources d'approvisionnement alternatives, plus coûteuses.
Mme Xu insiste sur le fait qu'un éventuel arrêt des flux de pétrole iranien porterait un coup bien plus dur au raffinage chinois que des problèmes d'approvisionnement vénézuélien. D'après elle, le volume de pétrole iranien destiné à la Chine est bien supérieur à celui du Venezuela.
Bien que la demande de pétrole de la Chine ralentisse progressivement en raison de la transition active vers les véhicules électriques et d'une crise prolongée du marché immobilier, le pays demeure le deuxième consommateur mondial de pétrole brut. La stabilité des importations est donc cruciale pour son économie.
Pékin a réagi fermement aux mesures prises par les États-Unis au Venezuela. Les autorités chinoises ont accusé Washington d’« intimidation » envers Caracas et ont déclaré que les exigences relatives au pétrole vénézuélien violent la souveraineté du pays et portent atteinte aux droits du peuple vénézuélien.
Selon les données des douanes chinoises, la Russie est le principal fournisseur de pétrole de la Chine, représentant environ 20 % des importations. Viennent ensuite l’Arabie saoudite (14 %) et la Malaisie (13 %). Les analystes estiment que le pétrole iranien et vénézuélien, soumis à des sanctions, est souvent revendu via la Malaisie.
La Chine est devenue le premier acheteur de pétrole vénézuélien depuis 2020, date à laquelle les États-Unis ont considérablement renforcé les sanctions imposées à Caracas. En 2025, selon Kpler, les exportations de pétrole vénézuélien vers la Chine s’élevaient en moyenne à environ 395 000 barils par jour, soit près de 4 % des importations chinoises de pétrole brut par voie maritime.
Les experts soulignent également qu’une part importante de ce pétrole, dit « sous sanctions », est transportée par transbordement en haute mer. Pour cela, on utilise des pétroliers de la « flotte fantôme », et le transbordement a souvent lieu près des eaux malaisiennes, ce qui permet de dissimuler la véritable origine de la cargaison.
e-news.com.ua
