Nombreuses sont les personnes qui, instinctivement, touchent une zone douloureuse en cas de douleur intense. Il s'avère que ce n'est pas qu'une simple habitude : le toucher réduit réellement l'intensité de la douleur. Une étude publiée dans la revue Current Biology a révélé que l'auto-toucher modifie la perception de la douleur par le cerveau et procure un soulagement significatif.
Des scientifiques de l'Université de Londres expliquent ce phénomène par le fait que la douleur est générée non seulement par les signaux provenant de la zone lésée, mais aussi par la façon dont le cerveau perçoit l'intégrité du corps. Lorsqu'une personne touche une zone douloureuse, son cerveau reçoit des informations supplémentaires sur son propre corps, ce qui contribue à atténuer la perception de la douleur.
L'expérience a utilisé la méthode de l'illusion de la grille thermique (TGI), consistant à procurer aux participants une sensation de chaleur intense sur leurs doigts sans contact réel. Cette approche a permis d'étudier en toute sécurité les réponses à la douleur et d'évaluer les effets de l'auto-toucher. Les résultats ont montré que lorsque les doigts d'une main touchaient ceux de l'autre, la douleur perçue était réduite de 64 % par rapport à une situation sans contact. Il est intéressant de noter que le soulagement n'a été obtenu qu'avec un contact complet de tous les doigts. Un contact partiel ou l'utilisation d'une prothèse de main sont restés sans effet, confirmant l'importance de la conscience corporelle dans le fonctionnement cérébral. Ces résultats démontrent le rôle crucial du système nerveux central dans la régulation de la perception de la douleur.
Des études antérieures avaient déjà montré que la représentation corporelle dans le cerveau joue également un rôle dans la douleur chronique, notamment après une amputation. Avec le temps, le cerveau s'adapte à l'image corporelle modifiée et les sensations douloureuses diminuent progressivement. Cette nouvelle étude approfondit ces résultats et explique comment la conscience corporelle peut influencer la douleur aiguë.
Les auteurs estiment que ces résultats peuvent avoir des applications pratiques. Des thérapies visant à activer les perceptions sensorielles et à renforcer la conscience corporelle pourraient aider les patients à gérer leur douleur sans médicaments et à réduire leur dépendance aux analgésiques.
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